|

 
|
Le désordre
des êtres est dans l'ordre des choses.
(Jacques Prévert)
Je briguais rien,
soyez tranquilles. Je suis pas jaloux,
c'est pas mon genre de réussir...
C'était seulement une aventure...
Je suis pas fait pour m'incruster...
(Louis-Ferdinand Céline)
Dans le choeur
de ceux qui me veulent du bien, je n'entends pas de voix de femmes.
(John Maxwell Coetzee)
Le malheur a un
bord et un fond.
On attend que nous soyons au fond pour nous demander comment nous
sommes arrivés au bord.
(Xavier Forneret)
La société
n'est pas là pour encourager quelqu'un à jouer la
carte de la singularité.
(Philippe Sollers)
Les choses désagréables
me font bien souffrir, mais c'est encore elles que je préfère.
(Jules Renard)
Le rock and roll
est certainement le meilleur tremplin vers l'amitié que
je connaisse.
(Greil Marcus)
Le grand plaisir
du débauché
c'est d'entraîner à la débauche.
(André Gide)
Pour atteindre
aux nerfs, y a que la musique,
tout le reste est blabla.
(Louis-Ferdinand Céline)
L'école
est finie, que la joie vienne.
(Sheila)
|
|
Maîtrauxe
roman de
Francis Demarcy
|
Février 2008
Parution de Maîtrauxe
nouveau roman de Francis Demarcy |
|
L'auteur
Difficile d'en dire long sur l'auteur Francis
Demarcy. C'est un "taiseux", dans la langue picarde, c'est
celui qui est avare de parole.
Fils de paysan, il observe très tôt le comportement des
animaux, puis celui des hommes envers les animaux et enfin celui des
hommes entre eux.
Adulte, il alterne emplois précaires et périodes de chômage.
Qu'il soit bûcheron, surveillant de lycée, jardinier, prof
ou vacher, il n'arrive pas à se vendre dans un monde de plus
en plus marchand.
Une sorte d'homme des bois sans Lady Chatterley, à défaut
d'amour et d'eau fraîche, il se nourrit de lectures et de rock
and roll.
"Maîtrauxe" - abréviation de Maître auxiliaire
dans l'éducation nationale- est son quatrième roman. Le
premier, Rase campagne, avait obtenu le
prix du livre de Picardie en 1994.
Son écriture fait mouche et fait rire. Toujours grinçant,
jamais cynique, il se défendra d'être un humaniste.
|
Le livre
Arraché à sa condition
de chômeur asocial, un jeune picard est embauché
dans un lycée agricole normand. Durant l'année scolaire,
il va raser les murs, évitant tout conflit avec le petit
monde des ados et des profs. La musique, et en premier le rock,
restera le seul lien possible entre des êtres et des sexes
incompatibles.
L'auteur, naturaliste un brin
misanthrope, par le sens de la formule et l'autodérision,
nous fait avaler en riant la pilule du désenchantement.
On trouvera dans ce roman de Francis Demarcy, un zeste de Mirbeau,
une pincée de Maupassant et pas seulement à cause
du décor normand.
|
Du même auteur
Rase campagne, roman, La Vague Verte 1994
Hiver, roman, La Vague verte 1996
Fruits secs, roman, La Vague verte 2001
|
 |
|
Extrait
La gamberge mortifère
est une sorte de risque professionnel pour ceux qui n'ont pas
de profession. Aussi me suis-je mis en quête d'un boulot.
La démarche ne m'était pas naturelle, j'étais
un peu gêné à l'idée de m'adresser
à d'éventuels employeurs. Sans compter que dans
le piteux état mental où j'étais, ça
me paraissait incongru de revendiquer une place dans la société.
J'ai parcouru les annonces, j'ai répondu à quelques-unes.
Mon curriculum vitæ indiquait
que je n'avais pas fait grand-chose de probant pendant mes trente
premières années. Et la lettre d'accompagnement
sous-entendait que je comptais continuer ainsi durant les années
restantes. Malgré cela, j'eus des réponses positives,
c'est-à-dire des convocations pour des entretiens d'embauche.
C'était nouveau pour moi de me mettre en situation de proposer
mes services. Mes interlocuteurs successifs ne croyaient pas à
mon personnage d'aspirant-travailleur. Du reste, je n'arrivais
pas vraiment à établir le contact avec eux. D'un
candidat à l'emploi, ils attendaient une attitude et un
discours déterminés. Or ils avaient devant eux l'incarnation
fin de siècle du doute et de l'hésitation. Je n'avais
pas les moyens de défendre mon cas, le profil bas était
devenu pour moi comme une seconde nature. En général,
je me faisais bouler en moins de dix minutes. Je désolais
les employeurs, ou je les agaçais, c'était selon...
Certains me faisaient l'effet de types à qui l'on présente
une serpillière pour s'essuyer la figure, d'autres prenaient
un malin plaisir à débiner mon attitude qui était
celle d'un demandeur d'emploi à contrecœur. Les remarques
désobligeantes, j'ai eu mon compte ! Le pompon revenant
sans conteste à cette jeune directrice, genre cheftaine
à poigne, qui me dit après avoir inspecté
mon CV : "C'est quoi, ça ?"
|
|