AcceuilHistoire de la PicardieTout Picard que j’étais… : L’exceptionnelle richesse littéraire de la Grande Picardie à travers les siècles

Tout Picard que j’étais… : L’exceptionnelle richesse littéraire de la Grande Picardie à travers les siècles

€19,00

Jacques Darras

De la littérature médiévale à la première moitié du XXᵉ siècle, Jacques Darras réunit les grands écrivains de Picardie et fait apparaître, à travers leurs œuvres, la continuité d’un esprit picard fait d’ironie, de liberté et d’attachement à la terre.

Catégories : , Étiquettes : ,

Description

Un beau livre de Jacques Darras.
Picardie était un nom. Nous en avons fait une mémoire. Plus personne ne pourra contester sa légitimité. 
Ce sont les écrivains qui ont fait la richesse de cette terre, du Moyen-Âge jusqu’au monde moderne. À Arras, Amiens ou Valenciennes ils ont tracé dans la continuité le caractère picard, fait d’humour et d’esprit frondeur, d’attention à tous les registres de la langue, classique ou populaire. 
On n’échappe pas à un Picard, il vous tient dans sa mire, prêt à vous épingler. Il est Adam de la Halle avec La Fontaine ou tous ces joyeux anonymes auteurs des Fabliaux. Mais il peut aussi apparaître comme un grand sentimental attaché à sa terre, s’il est Marceline Desbordes-Valmore, Eugène Millevoye ou Albert Samain. Tous sont présents ensemble pour la première fois dans cette grande anthologie où je me suis engagé depuis quatre ans — une vie entière plutôt ! — avec plaisir et enthousiasme, bien convaincu qu’il y aura toujours antériorité de la littérature sur la politique.

Né en Ponthieu/Marquenterre en 1939, Jacques Darras a fait des études de lettres et de philosophie à l’ENS Ulm et à la Sorbonne. Agrégé et docteur en littérature anglaise, il a été Doyen de la Faculté des Langues de l’UPJV de 1982 à 1999. Parallèlement il a créé la revue littéraire in’hui à Amiens en 1977, puis les éditions Trois Cailloux à la MCA et a transféré la revue à Bruxelles (Le Cri, 1993) avant de rejoindre le Castor Astral à Paris et créer la collection Les Passeurs d’Inuits. À partir de 1988, Jacques Darras a lancé les fondations d’une « épopée fluviale » en huit cantos tirant son nom et son inspiration du petit fleuve côtier La Maye. Une anthologie de textes L’Indiscipline de l’eau, extraite de ces huit volumes, est parue dans la collection Poésie/Gallimard en 2006. Traducteur, Jacques Darras a donné des versions de la grande poésie américaine et anglaise, Walt Whitman chez Gallimard en 2002, Grasset en 2009 ; William Blake, Samuel Taylor Coleridge, Ted Hughes etc. aux éditions Gallimard. 

Essayiste, il a publié plusieurs essais aux éditions Grasset, Calmann-Lévy, Stock et Arfuyen. En 2017, il a fait paraître en Poésie/Gallimard la première édition en langue française contemporaine des Poètes médiévaux du Nord de la France XIIe-XIIIe siècles (Adam, Bodel, Beaumanoir etc.). Jacques Darras a reçu le prix Apollinaire en 2004, le Grand Prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre en 2006. Il a été le premier Français et Européen invité à prononcer les Reith Lectures à la BBC à Londres en 1989.

Incroyable continuité de l’esprit de rébellion dans cette province d’apparence si paisible ! Comme celle liant Lefèvre d’Étaples, contraint de s’exiler à Nérac auprès de Marguerite d’Angoulême, ou Jean Calvin, présidant aux destinées de la “nation picarde” à l’Université d’Orléans, avant d’aller fonder sa propre religion en Suisse, à tous “nos” Révolutionnaires, fondateurs à leur tour d’une religion laïque d’État — les Condorcet, Robespierre, Babeuf, Saint-Just ou Desmoulins ! Ne serait-ce pas ce même esprit qui, par suite de la si grande proximité géographique et administrative avec Paris, aurait conduit quelques unes de ces intelligences à se fondre dans le creuset national et à se vouloir plus radicalement classiques que le classicisme même ? Imaginez la littérature française amputée d’Adam, Bodel, Froissart, Molinet, Calvin, Lefèvre d’Étaples, La Fontaine, Racine, Gresset, Voiture, Laclos, Prévost, Condorcet, Robespierre, Babeuf jusqu’à Dumas, Verne, Bernanos, Jouve et Claudel, sans compter Marceline Desbordes-Valmore, Mac Orlan ou Dorgelès, pour s’arrêter aux portes de la seconde guerre mondiale. Quel vide tout à coup, quel délestage de substance littéraire au Panthéon national ! Toutes ces grandes ombres  témoignent en effet, sous diverses formes, d’un même goût pour la protestation radicale, l’ironie persifleuse vis à vis du pouvoir central, une distance quant aux modes parisiennes sous le masque d’un apparent conformisme, toutes et tous paraissant quelquefois près de disparaître dans un excès de transparence et de clarté, gage d’élégance suprême.
Sans doute nous incombait-il de les réincorporer dans leur substance charnelle, leur position équilibrée entre sol et ciel, liens corporels et idées, leur ténacité indéfectible à travers toutes les épreuves de l’enfer qu’ils et qu’elles durent et surent endurer pour venir jusqu’à nous.

Informations complémentaires

Poids 0,606 kg
Dimensions 17 × 24 × 2 cm
Parution

Novembre 2020

ISBN

9782918397281

Vous aimerez peut-être aussi…